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PRB 00-13F
SPÈCES NON INDIGÈNES ENVAHISSANTES
Rédaction :
Tim
Williams
Division des sciences et de la technologie
Le 18 septembre 2000
TABLE
DES MATIÈRES
INTRODUCTION
LA NATURE DES ESPÈCES ENVAHISSANTES
LA NATURE
DES DOMMAGES CAUSÉS À LENVIRONNEMENT
LES COÛTS ÉCONOMIQUES
LES MOYENS DE PRÉVENTION
ET DE LUTTE
A. Le problème des eaux de
ballast
B.
La prévention par des restrictions législatives à limportation
C. Perspectives
déradication et de lutte
CONCLUSION
ESPÈCES NON INDIGÈNES
ENVAHISSANTES
INTRODUCTION
Des barrières géographiques
naturelles ont séparé les espèces peu après lapparition de la vie
sur terre. Les océans, les chaînes de montagnes, les cours deau
et les déserts les ont empêchées de se côtoyer et ont permis à des écosystèmes
distincts de se développer et de faire vivre des organismes qui leur étaient
propres. Toutefois, depuis que les humains ont entrepris dexplorer
le monde, ils transportent des organismes, par inadvertance ou à dessein,
par-delà les obstacles naturels. Au fur et à mesure que les échanges commerciaux
et les déplacements internationaux augmentent, le rythme auquel des espèces
sont introduites dans des écosystèmes qui seraient normalement hors de
leur aire de répartition tend à saccélérer toujours davantage. Les
organismes transportés sont de tous les genres : virus pathogènes,
bactéries, champignons, algues, mousses, fougères, plantes à fleurs, invertébrés,
poissons, oiseaux et mammifères. Sans lintervention humaine, peu
dentre eux seraient présents dans leur nouveau milieu peut-être
même aucun. Les chances sont presque nulles, par exemple, quun bovin,
que la Moule zébrée ou que le virus West Nile soient transportés par des
moyens naturels de leurs écosystèmes natifs, à lautre bout du monde,
jusquau Canada.
Les espèces non indigènes
sont une source de nombreux avantages économiques, notamment dans le secteur
de lagriculture, dont elles ont contribué à façonner lhistoire.
Aux États-Unis, elles constituent plus de 98 p. 100 du système
alimentaire, soit un chiffre estimé à 800 milliards de dollars américains(1). Pourtant, il devient de plus en plus évident que lintroduction
despèces non indigènes nest pas sans comporter un coût, notamment
sur les plans de léconomie et de la biodiversité, dans ce dernier
cas parce quelles amènent une réduction de la diversité des espèces
à léchelle de la planète. La question retient davantage lattention
depuis que la presse populaire fait état de certains nouveaux arrivés
comme la Moule zébrée et le virus West Nile. Le présent document porte
sur le problème des espèces non indigènes envahissantes et sur certains
moyens pris pour limiter les dommages économiques et écologiques au pays
et dans le monde. (Toutefois, il ne traitera pas du rôle de lêtre
humain comme vecteur international de maladies telles que la variole,
la grippe et le VIH/sida, bien que ce soit là un autre sujet important.)
LA NATURE DES ESPÈCES ENVAHISSANTES
Lisolement créé par
les barrières géographiques a favorisé le développement despèces
distinctes, adaptées à des milieux divers. Certains organismes, dits spécialistes,
possèdent une niche écologique très étroite. Si leur milieu change ou
sils sont transportés dans un environnement un tant soit peu différent
de celui auquel ils sont adaptés, ils ne survivront pas. Dautres
résistent très bien à un vaste éventail de conditions; ils sont dits généralistes.
Lorganisme qui est
déplacé de son habitat naturel à un autre habitat qui est situé au-delà
de laire naturelle et quil ne pourrait occuper sans lintervention
humaine, est dit non indigène(2). Son sort dépendra de sa nature et de celle
du nouvel environnement. Ainsi, une plante tropicale qui est apportée
en Alaska a moins de chances de survivre quune autre qui passe de
lEurope à la partie tempérée du Canada. De même, lorganisme
généraliste a plus de chances de survivre que le spécialiste. La vaste
majorité des plantes non indigènes ne deviennent pas envahissantes; elles
séchappent de petits jardins pour demeurer en zone urbaine ou dans
dautres zones très perturbées. Dautres, comme le pissenlit,
se retrouvent dans des habitats moins perturbés, plus naturels, mais ne
semblent pas nuire à la flore et à la faune indigènes. Beaucoup de plantes
non indigènes qui survivent et prolifèrent sont des mauvaises herbes adaptées
à des lieux qui sont perturbés périodiquement, comme les villes et les
champs. Elles poussent vite et produisent souvent, et fréquemment avec
laide dagents de dissémination, des semences abondantes qui
demeurent viables longtemps(3). Cest
le petit groupe de plantes qui prospèrent dans les régions agricoles et
naturelles, au détriment des plantes cultivées et des plantes indigènes,
qui sont jugées envahissantes et nuisibles sur les plans économique et
écologique(4). Ces espèces ont habituellement peu de prédateurs qui
pourraient contenir la croissance de leur population. La même chose est
vraie des espèces animales non indigènes et envahissantes, qui tolèrent
bien plusieurs milieux, se reproduisent rapidement et comptent peu de
prédateurs naturels.
Les espèces non indigènes
arrivent et se répandent de diverses façons, voulues ou non. On les introduit
pour une diversité de raisons dans divers secteurs, notamment lagriculture
et lhorticulture. Au Canada, la vaste majorité des plantes non indigènes
sont des échappées de cultures qui ne persistent guère(5).
Il nempêche que ces échappées peuvent avoir des conséquences très
graves, à preuve la fougère grimpante (Lygodium microphyllum) dans
les régions marécageuses de la Floride. Un aquarium vidé dans un réseau
naturel est fort probablement à lorigine de lintroduction
de la Myriophylle en épi, une plante décorative utilisée dans les aquariums,
qui infeste maintenant de nombreux cours deau au Canada. Dautres
espèces sont importées pour lutter contre un ravageur. Le Moineau domestique
a été introduit dans une tentative infructueuse déliminer la Chenille
arpenteuse. Dautres encore sont importées pour des raisons plus
ésotériques. Il suffit de songer à lintroduction de lÉtourneau
sansonnet par quelquun qui souhaitait faire venir aux États-Unis
tous les oiseaux mentionnés dans les uvres de Shakespeare.
Une introduction dun
autre genre, découlant dune activité délibérée, est survenue récemment
en aquaculture. Des saumons atlantiques se sont échappés délevages
sur la côte de la Colombie-Britannique, et des pêcheurs en ont retrouvé
certains dans les ruisseaux de frai(6).
Si les saumons échappés ne semblent pas envahissants, on craint néanmoins
quils disputent aux saumons indigènes les zones de frai et la nourriture.
La même chose semble sêtre produite sur la côte Est du Canada, où
lespèce non indigène qui sest échappée est la Truite arc-en-ciel(7).
Certaines espèces ont été
introduites involontairement en tant que « passagers clandestins ».
De nombreuses espèces aquatiques envahissantes non indigènes sont venues
dans les eaux de ballast. Les navires sans cargaison, pour assurer leur
stabilité en mer, remplissent deau des réservoirs appelés ballasts.
Ces réservoirs sont vidés dans les ports où les navires prennent leur
cargaison, et leau quils contiennent et les organismes
dans cette eau sont rejetés dans le réseau hydrographique local.
Cest ainsi que la Moule zébrée a été introduite dans les Grands
Lacs. Le serpent des arbres (Boiga irregularis) a vraisemblablement
été introduit dans lîle de Guam après avoir voyagé dans la soute
du train datterrissage dun avion, et les résultats ont été
dévastateurs pour les populations dorganismes indigènes. Le virus
West Nile est fort probablement arrivé avec une cargaison doiseaux
volailles ou oiseaux de compagnie qui étaient infectés.
Le Longicorne brun de lépinette, dont la présence a récemment été
confirmée dans le parc Point Pleasant, à Halifax, est probablement arrivé
dans des caisses en bois. Bref, laugmentation du transit international
de marchandises accroît le risque dintroduire des espèces non indigènes
par inadvertance.
Selon une opinion dissidente,
les espèces non indigènes envahissantes ne causeraient pas de dommage
réel à lenvironnement et il ne faudrait pas traiter les préjudices
économiques quelles entraînent différemment de ceux quoccasionnent
les ravageurs indigènes(8). Les arguments dordre écologique contre les espèces
non indigènes seraient alors purement esthétiques, puisque les écosystèmes
sont en perpétuelle évolution et que la prolifération des espèces soi-disant
étrangères ne peut être distinguée des modifications naturelles de la
diversité des espèces indigènes. Ainsi, laffirmation que les espèces
non indigènes envahissantes sont mauvaises repose strictement sur des
valeurs esthétiques et non sur des données scientifiques. On peut aimer
les lacs entourés de peuplements naturels de quenouilles, mais on peut
aussi préférer à ces dernières la Salicaire pourpre, plus colorée. De
la même manière, les pertes économiques ne peuvent être distinguées de
celles causées par les ravageurs indigènes. En fait, soutient-on, de nombreuses
espèces introduites par inadvertance profitent à lenvironnement;
par exemple la Moule zébrée augmente la clarté de leau.
La crédibilité de tels arguments
est entamée par leur manque de rigueur scientifique et lutilisation
de certains faits, comme la clarté de leau, abstraction faite des
résultats de nombreuses études(9). Si la Moule zébrée rend leau plus
claire, cest quelle la prive des éléments nutritifs et du
plancton quelle contient habituellement, ce qui transforme la chaîne
alimentaire dans les lacs. De plus, de nombreuses espèces comme le Doré
jaune, commercialement important, préfèrent les eaux troubles. On saccorde
généralement à dire que le mouvement des organismes dans le monde qui
est attribuable à lactivité humaine cause des dégâts écologiques
et économiques graves(10).
LA NATURE DES
DOMMAGES CAUSÉS À LENVIRONNEMENT
Cest dans les îles
que les espèces non indigènes envahissantes causent les dommages les plus
graves à lenvironnement. La flore et la faune insulaires peuvent
évoluer en isolement presque complet, ce qui donne souvent des espèces
endémiques, cest-à-dire qui ne se trouvent nulle part ailleurs.
Larrivée dun prédateur dans ces écosystèmes spécialisés peut
être dévastatrice. Lintroduction du Boiga irregularis à Guam
a été la cause directe de lextinction de 10 des 13 espèces doiseaux
forestiers et de 9 des 12 espèces indigènes de lézards de lîle(11).
Depuis larrivée des humains à Hawaii, il y a environ 2 000 ans,
70 des 140 espèces connues doiseaux ont disparu, avant tout
en raison de la présence despèces envahissantes(12).
Les espèces continentales
souffrent aussi de la présence despèces envahissantes non indigènes.
Les moules zébrées ont remplacé la plupart des moules indigènes qui peuplaient
les lacs Sainte-Claire et Érié depuis plus de 10 000 ans(13).
Environ 40 p. 100 des espèces énumérées dans la Endangered
Species Act des États-Unis sont menacées principalement par la concurrence
que leur livrent des espèces non indigènes envahissantes(14).
Si les invasions ont enrichi
la biodiversité de certains écosystèmes, les preuves qui saccumulent
indiquent que le contraire est plus fréquent. Une étude de populations
de fourmis, par exemple, a montré que la biodiversité, qui normalement
tend à croître plus on avance vers les climats tropicaux, sappauvrit
le long dun parcours entre lÉtat de New York et la Floride
et quil existe une corrélation avec la présence de lenvahissante
Fourmi de feu. Même si un organisme non indigène envahissant ajoutait
à la biodiversité dun habitat, la plupart des espèces envahissantes
tendent à être les mêmes, de sorte que, sur une grande échelle, il y a
perte de biodiversité dans un monde qui se transforme en « planète
de mauvaises herbes »(15).
LES COÛTS ÉCONOMIQUES
Dans le passé, on a considéré
la présence despèces non indigènes comme profitable sur le plan
économique pour les secteurs de lagriculture et de lhorticulture,
mais il devient évident que leur invasion coûte cher. Ces coûts sont très
difficiles à estimer, mais une tentative récente les chiffre, pour léconomie
des États-Unis, à plus de 130 milliards de dollars américains par
an(16), essentiellement dans le secteur
de lagriculture, qui profite par ailleurs le plus des espèces introduites.
Les coûts occasionnés dans ce secteur par les pertes et les dommages,
ainsi que par la lutte contre les mauvaises herbes, les pathogènes et
les ravageurs des cultures, les rats et les maladies du bétail, dépassaient
les 80 milliards de dollars américains. Dautres études, qui
tentaient destimer les coûts associés à divers facteurs, confirment
que les espèces non indigènes envahissantes représentent un fardeau de
plusieurs milliards de dollars par an pour léconomie mondiale. Du
reste, les réductions de la biodiversité occasionneront probablement des
pertes sur le plan économique quon peut difficilement évaluer à
lheure actuelle.
LES MOYENS DE PRÉVENTION
ET DE LUTTE
Lalinéa 8h)
de la Convention sur la diversité biologique, que le Canada a ratifiée,
énonce que chaque partie prenante, autant que possible et selon ce quil
convient, « empêche dintroduire, contrôle ou éradique les espèces
exotiques qui menacent des écosystèmes, des habitats ou des espèces ».
On convient généralement quil est moins cher et plus efficace de
prévenir lintroduction despèces envahissantes que dessayer
de sen débarrasser une fois quelles sont arrivées(17).
La difficulté consiste à prévoir quel sera le prochain envahisseur. Les
espèces envahissantes semblent avoir certaines caractéristiques communes,
mais il nexiste pas de modèle qui permette de reconnaître clairement
lespèce qui deviendra envahissante.
De même, il demeure difficile
de prévoir le moment dune invasion. Certaines espèces introduites
restent inoffensives durant des années, puis deviennent envahissantes,
pour des raisons souvent obscures. Larrivée de la Moule zébrée et
son invasion des Grands Lacs étaient prévues depuis les années 20; pourtant,
linvasion ne sest produite que vers la fin des années 80.
Sans doute certains facteurs environnementaux jouent-ils un rôle déclencheur.
Dans le cas de la Moule zébrée, on a conjecturé que la meilleure qualité
de leau des Grands Lacs a facilité linvasion. Les changements
climatiques peuvent aussi exercer une influence(18).
Sans moyen de prévoir quelle espèce risque de proliférer et dans quelles
circonstances, il est très difficile de barrer la voie aux envahisseurs.
Il nempêche quon
peut chercher à limiter autant que possible leur entrée en repérant les
voies qui présentent le plus de risques, par exemple leau de ballast
et les caisses demballage en bois. On peut ensuite réglementer ces
voies de façon à réduire au minimum lentrée dorganismes, sans
devoir connaître tous les envahisseurs possibles. Dans le cas des caisses
en bois, le gouvernement du Canada redouble de vigilance dans les ports
et mène les discussions en vue délaborer une norme internationale
des emballages en bois massif. De nombreuses mesures à de multiples échelles
peuvent être prises pour réduire le plus possible le transport dorganismes
dans les eaux de ballast.
A. Le problème des eaux de ballast
Chaque année, plus de 10
milliards de tonnes deau de ballast sont transvidées dun endroit
à lautre dans le monde, et elles peuvent transporter des milliers
despèces(19). La Moule zébrée, qui a été introduite de cette façon
dans les Grands Lacs, a infesté plus de 40 p. 100 des cours
deau; les dommages quelle a causés et les moyens mis en uvre
pour lutter contre elle ont occasionné des dépenses qui se chiffrent dans
les milliards de dollars. Lintroduction du cténaire Mnemiopsis
leidyi dans la mer Noire en 1982 a presque détruit toutes les pêches,
ce qui représente un coût de 500 millions de dollars américains par
an(20).
Il y a plusieurs interventions
possibles pour limiter lentrée dorganismes par les eaux de
ballast. LOrganisation maritime internationale des Nations Unies
(OMI) a établi des lignes directrices pour gérer les eaux de ballast.
Elle y préconise notamment de réduire la prise dorganismes en choisissant
le moment et le lieu où prendre leau, de nettoyer périodiquement
les ballasts, de vider leau dans des installations de stockage à
terre et de changer leau de ballast en mer. Cette quatrième mesure
est jugée efficace, parce que les organismes marins recueillis en mer
au cours du changement deau ne survivent généralement pas en eau
douce. Elle nest pas parfaite, toutefois, surtout sil reste
beaucoup de sédiments dans les ballasts et si leau est prise là
où les organismes tolèrent bien divers degrés de salinité, comme cest
le cas dans la mer Noire. Dautres moyens à létude sont plus
exigeants : filtration de leau, stérilisation par rayonnement
ultraviolet ou biocides ou introduction de prédateurs dans les réservoirs.
À lheure actuelle, lapplication des lignes directrices de
lOMI est volontaire; cependant, on travaille à les intégrer dans
une convention juridiquement contraignante, peut-être en annexe de la
Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires
(MARPOL).
Plusieurs gouvernements
et organisations internationales se sont dotés de lois ou de directives
pour limiter le plus possible lintroduction despèces envahissantes
par leau de ballast. Le plus souvent, les navires sont tenus de
changer leau de ballast en mer. La Loi sur la marine marchande
du Canada, modifiée en juin 1998, prévoit le pouvoir de réglementer
leau de ballast; il reste que les mesures de prévention demeurent
volontaires. De fausses déclarations concernant la gestion de cette eau
ont fait lobjet de procès qui ont été gagnés en vertu de cette loi.
Les États-Unis ont des règles dapplication obligatoire qui exigent
le changement de leau de ballast des navires à destination des Grands
Lacs depuis 1993. Le Canada et les États-Unis indiquent que ces mesures
sont généralement respectées; or, selon un rapport de 1995, seulement
50 p. 100 des navires entrant dans la voie maritime soumettaient
les rapports exigés par le Canada sur les procédures suivies pour gérer
les eaux de ballast(21). Les programmes
actuels de changement de ces eaux comme le programme obligatoire
de lAdministration portuaire de Vancouver peuvent exiger
de changer seulement 85 p. 100 de leau, ce qui ne dilue
pas leau suffisamment pour tuer de nombreux organismes. Il serait
plus efficace dexiger un triple changement en mer. Il nen
reste pas moins quaucun programme de gestion des eaux de ballast
ne sera jamais entièrement efficace, à moins dexiger lutilisation
de biocides. Ce genre de programme ne peut servir quà réduire le
risque.
La plupart des règlements
concernant les eaux de ballast présentent une autre lacune, celle de ne
viser que les navires ballastés. Les navires qui transportent une cargaison
dont les ballasts sont donc lèges ne sont pas réglementés,
mais ils contiennent des sédiments et de leau impossibles à enlever.
On les considère comme des navires à haut risque, surtout sils pénètrent
dans les Grands Lacs, déchargent leur cargaison, puis prennent de leau
de ballast pour se diriger vers un autre port des Grands Lacs.
La réglementation de la
gestion des eaux de ballast est un des rares moyens de limiter lintroduction
involontaire despèces envahissantes. Dautres pays, surtout
ceux qui ont subi des invasions importantes dans le passé, appliquent
des règles plus exigeantes, telles que la fumigation des avions en provenance
dailleurs. Même en resserrant la réglementation et en disposant
dun accès relativement facile aux moyens de transport en provenance
dailleurs, on ne pourra empêcher les espèces envahissantes dentrer.
Vu la circulation toujours croissante des marchandises, les arrivées involontaires
augmenteront. Les introductions volontaires constituent un autre problème,
auquel on peut sattaquer en restreignant limportation dorganismes
ravageurs.
B.
La prévention par des restrictions législatives à limportation
De nombreux pays restreignent
limportation danimaux et de végétaux, notamment pour empêcher
quils nuisent aux plantes et aux animaux domestiques. Au Canada,
le pouvoir de restreindre le mouvement des plantes et des animaux est
conféré par plusieurs lois. La Loi sur la protection des végétaux
vise à « empêcher limportation, lexportation et la propagation
des ennemis des végétaux et [prévoit], dune part, les moyens de
lutte et délimination à cet égard et, dautre part, la délivrance
de certificats à légard de plantes et dautres choses ».
Les parasites des plantes sont désignés comme tels à lissue dune
évaluation des risques définie par lOrganisation nord-américaine
pour la protection des plantes, dans sa norme NAPPO Standard for Plant
Pest Risk Analysis, fondée en grande partie sur le préjudice économique
possible. LOrganisation est un organisme régional de la Convention
internationale pour la protection des végétaux de lOrganisation
des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO).
Les ravageurs réglementés par cette loi comprennent les organismes manifestement
nuisibles comme des maladies et des prédateurs des cultures, mais aussi
certaines plantes véritablement aquatiques, telles lHydrilla et
la Myriophylle à épi, dont lentrée au Canada est interdite. Toutefois,
étant donné que la Myriophylle à épi est déjà au Canada et que lHydrilla
est généralement reconnue comme le prochain envahisseur des Grands Lacs,
car elle sest déjà propagée de la Floride à la Pennsylvanie(22),
la Loi semble donner peu de pouvoir pour empêcher les invasions
si les envahisseurs possibles ne sont pas bien identifiés et classés comme
parasites avant le début leur invasion. La Convention a récemment été
modifiée conformément aux normes phytosanitaires de lOrganisation
mondiale du commerce, établies pour que des pays ne se servent pas de
lentrée despèces éventuellement menaçantes comme barrière
technique au commerce. Parce quil faut démontrer que les espèces
sont économiquement nuisibles avant de pouvoir intervenir, la Convention
ne semble pas un outil très puissant pour prendre des mesures de prudence
contre les invasions(23).
La Loi sur la santé des
animaux concerne, « dune part, les maladies et substances
toxiques pouvant affecter les animaux ou transmissibles par ceux-ci aux
personnes, dautre part, la protection des animaux ». Elle interdit
limportation de certaines espèces envahissantes. Par exemple, son
Règlement interdisant limportation des abeilles domestiques
vise à empêcher limportation dabeilles domestiques en provenance
des États-Unis, en raison de lenvahissant acarien varroa, découvert
dans ce pays en 1987. Labeille domestique est une importation dEurope,
qui a largement remplacé les insectes pollinisateurs indigènes, ce qui
en fait un des insectes les plus importants à la fois du point de vue
écologique et du point de vue économique. Parce que cette abeille a tellement
proliféré, les plantes et les industries qui en dépendent sont vulnérables
aux maladies et aux parasites envahissants qui sattaquent à elle,
par exemple le varroa(24). Jusquici,
pour diverses raisons, dont les restrictions à limportation, cet
acarien nest pas devenu un grave problème au Canada. Ironiquement,
certains voient dans labeille africaine (l« abeille meurtrière »)
un remède au varroa parce quelle y résiste mieux que labeille
européenne(25).
La Loi sur la protection
despèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de
leur commerce international et interprovincial, surtout destinée à
empêcher limportation et le mouvement des végétaux et animaux énumérés
dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune
et de flore sauvages menacées dextinction (CITES), comporte aussi
des dispositions pour prévenir lintroduction despèces nuisibles
au Canada. Lannexe II du Règlement sur le commerce despèces
animales et végétales sauvages renferme une liste des espèces dont
limportation est interdite. Cette liste se limite actuellement au
Chien viverrin, à certains genres de mangouste et à quelques oiseaux.
Une quatrième loi, la Loi
sur les semences, peut empêcher limportation et la propagation
despèces potentiellement nuisibles. Toutefois, cette loi vise à
maintenir la qualité des semences plutôt quà prévenir la propagation
despèces non indigènes envahissantes dans les systèmes naturels.
Des 44 espèces énumérées dans la publication du Service canadien
de la faune intitulée Plantes envahissantes des habitats naturels du
Canada, la Loi sur les semences en énumère trois qui sont des
mauvaises herbes nuisibles interdites, une qui est une mauvaise herbe
nuisible principale et une autre qui est une mauvaise herbe nuisible secondaire.
Les graines de mauvaises herbes interdites ne peuvent faire partie des
lots de semence, tandis que le degré de nuisibilité et labondance
dautres herbes nuisibles servent à déterminer la qualité du lot
de semences.
La Loi sur les semences
fédérale ne sera tout au plus quune faible mesure préventive contre
les espèces non indigènes envahissantes. Les lois des provinces sur les
mauvaises herbes donnent plus de pouvoir pour lutter contre les mauvaises
herbes nuisibles et nombre dentre elles autorisent les administrations
municipales à désigner des espèces comme étant nuisibles(26).
Toutefois, cette désignation est peu susceptible de profiter de façon
appréciable à lenvironnement, parce que la plupart des mesures sont
destinées aux milieux urbains et agricoles et peuvent ne pas convenir
à des milieux naturels où elles risquent en outre de nuire à la flore
indigène.
C. Perspectives déradication
et de lutte
De lavis général,
la prévention vaut mieux que les tentatives déradiquer ou de lutter
contre les espèces non indigènes envahissantes une fois quelles
sont établies, mais il ny a souvent pas dautre choix que de
réagir à linvasion. Il est souvent impossible dextirper une
espèce bien établie; il faut se contenter dessayer den limiter
la propagation.
Comme la indiqué lUnion
mondiale pour la nature dans ses Guidelines for the Prevention of Biodiversity
Loss Caused by Alien Invasive Species, il est beaucoup plus facile
de lutter contre les espèces non indigènes envahissantes ou de les éradiquer
lorsque les localités, les secteurs et les groupes intéressés sont bien
informés et collaborent. En Australie, où, selon certains, même le chauffeur
de taxi moyen est conscient des graves conséquences la présence despèces
envahissantes, il est beaucoup plus facile de mobiliser la population
en faveur de mesures draconiennes pour les éradiquer(27). À Pâques 1999, des plongeurs ont découvert
une petite moule très envahissante, semblable à la Moule zébrée, dans
trois marinas à proximité de Darwin. Dans les cinq jours et malgré les
protestations des plaisanciers, le gouvernement australien avait mis les
marinas en quarantaine et, peu après, il avait tué tout ce qui vivait
dans leau au moyen dun mélange de chlore et de cuivre. On
na pas revu les moules depuis, et les espèces naturelles commencent
à revenir. Une algue très envahissante, qui a causé beaucoup de dommages
dans la Méditerranée, semble avoir été repérée dans un lagon californien,
ce qui a amené un consortium dorganismes à boucler le secteur en
vue de léradiquer(28). Au Canada, le fédéral a récemment mis
en quarantaine un parc dans la municipalité régionale dHalifax,
où des milliers dépinettes rouges sont détruites pour éliminer le
Longicorne brun de lépinette(29).
Léradication se fera
plus ou moins facilement selon lemprise de lenvahisseur, cest-à-dire
selon la rapidité avec laquelle on aura décelé linfestation. Le
Longicorne avait colonisé le parc de la région dHalifax depuis 1990,
mais, à lépoque, on avait cru reconnaître une espèce nord-américaine.
Si on avait bien identifié les échantillons, une évaluation rapide des
risques phytosanitaires aurait pu sauver plusieurs arbres quon détruit
maintenant. À lévidence, il faut une surveillance minutieuse et
beaucoup de vigilance pour reconnaître les envahisseurs éventuels le plus
tôt possible, en particulier lorsquils menacent une des plus grosses
industries du Canada, comme celle des forêts.
Si on ne détecte pas les
premiers stades dune infestation et que lespèce simplante,
il est souvent très difficile de léliminer. On y a réussi parfois,
comme dans le cas du Nutria, un rongeur introduit dans le secteur de la
fourrure au Royaume-Uni. De telles éradications sont toutefois rares et
très coûteuses. Habituellement, on peut au mieux espérer contenir les
envahisseurs qui se sont implantés.
La lutte contre les espèces
non indigènes envahissantes peut prendre plusieurs formes. Parce que la
plupart de ces espèces sont adaptées à des paysages perturbés, on peut
chercher à en contenir la propagation en limitant la perturbation du paysage.
Ce nest pas une mince tâche, vu le nombre de terres agricoles et
le besoin quon en a. Les méthodes mécaniques de coupe des plantes
et de piégeage des organismes ont parfois un succès mitigé, en particulier
dans le cas de plantes dont les graines ont une période de dormance prolongée
ou de plantes aquatiques qui se propagent par les petits morceaux laissés
par la coupe. Cela dit, le Nutria a été éradiqué au moyen dune campagne
massive de piégeage.
Il y a aussi diverses méthodes
dempoisonnement. Bien sûr, il est préférable quune toxine
soit le plus spécifique possible. La Lamproie qui sest implantée
dans les Grands Lacs et a dévasté la population de touladis après lachèvement
des réseaux de canaux qui forment la Voie maritime du Saint-Laurent
a été contenue par lutilisation dune toxine très spécifique
qui sattaque à ses larves. Lefficacité dune toxine repose
sur la connaissance quon a de la physiologie de lorganisme
cible, du moment où cet organisme y est le plus vulnérable et de la façon
exacte dont elle est administrée. Il est donc essentiel de faire des recherches
fondamentales sur le cycle vital de la cible, pour mieux la frapper et
épargner les autres organismes.
Une des méthodes les plus
prometteuses, bien que risquée, de lutte à long terme est la lutte biologique.
Si des espèces non indigènes deviennent envahissantes, cest en partie
parce quelles sont la cible de très peu de prédateurs ou de maladies.
Par conséquent, le fait dintroduire un organisme prédateur ou une
maladie provenant de lhabitat dorigine de lespèce envahissante
pourrait, en théorie, établir un équilibre et contenir la propagation
de cette espèce. Ce type de lutte exige lui aussi dimportantes recherches
fondamentales avant de libérer lagent de lutte contre lespèce
envahissante, il faut être sûr quil ne nuira pas aux plantes ou
aux animaux indigènes. Il est également important que la démarche de recherche
soit transparente. En Australie, on étudiait, sur une île, un virus qui
devait être lâché contre des lapins sur le continent. Le virus sest
échappé et il semble quil ait réussi à contenir les populations
de lapins, mais le manque de transparence de létude a soulevé beaucoup
de préoccupations(30). À une époque
où les gens sinquiètent davantage de la libération dorganismes
génétiquement modifiés ou non indigènes, il est essentiel de tenir le
public au courant des procédures suivies.
Dans le passé, lutilisation
despèces dans la lutte biologique a donné lieu à de nombreuses erreurs.
Le Moineau anglais (domestique), introduit en Amérique du Nord pour lutter
contre la Chenille arpenteuse est depuis devenu un ravageur, en plus davoir
raté sa cible. Dans dautres cas, lintroduction dun agent
de lutte biologique est devenue un jeu de dupes, car il a fallu libérer
tour à tour de nouveaux organismes pour lutter contre les précédents,
qui avaient échoué(31). Nombre déchecs
proviennent derreurs passées en particulier lorsquil
sest agi de lintroduction de vertébrés et peu susceptibles
de se reproduire étant donné le resserrement des critères. Pourtant, des
erreurs se produisent encore. Comme il a été souligné, toutefois, on ne
peut jauger hors contexte les risques que présente lintroduction
dun agent de lutte biologique; il faut les pondérer en fonction
des risques quil y a à ne rien faire ou à utiliser dautres
moyens de lutte tels que les pesticides(32). Agriculture et Agroalimentaire Canada est responsable
au premier chef de lintroduction de quelque 70 espèces exotiques
dinsectes depuis 1952, en vue de combattre 21 mauvaises herbes,
très présentes surtout dans les grands pâturages(33).
CONCLUSION
La prévention de lintroduction
et de la propagation des espèces non indigènes envahissantes, leur éradication
et la lutte quon leur mène exigent une coopération internationale,
nationale, provinciale et communautaire. Contre lintroduction par
inadvertance despèces envahissantes, le mieux est de repérer les
voies dentrée à haut risque, comme les eaux de ballast et les matériaux
demballage. On peut sattaquer au problème en adoptant des
lois nationales, mais, en bout de ligne, il faudra une coopération internationale
et peut-être des conventions juridiquement contraignantes par exemple
au moyen dun ajout à la MARPOL, afin de régler le problème des eaux
de ballast, ou dune convention sur les matériaux demballage,
afin dempêcher lintroduction de ravageurs comme cela sest
produit lorsque le Longicorne est arrivé à Halifax. Toutefois, des organismes
continueront dêtre introduits et il est essentiel de mettre en place
un plan global de surveillance et, sil survient une invasion, de
réagir rapidement pour éliminer lenvahisseur.
Le gouvernement fédéral
a évidemment un rôle à jouer dans la recherche nécessaire pour établir
les meilleures méthodes déradication et de lutte, élaborer des lois
préventives et surveiller les mouvements des espèces non indigènes. La
surveillance est importante pour atténuer le problème, et des projets
tels que celui visant les plantes envahissantes du Canada (IPCAN) sont
très précieux.
Des mesures internationales,
comme la Convention internationale pour la protection des végétaux et
les normes phytosanitaires de lOrganisation mondiale du commerce,
mettent actuellement laccent sur les incidences économiques du commerce
des marchandises. En fait, parce que ces règles visent dabord à
faciliter le libre-échange et à déjouer lutilisation des critères
phytosanitaires comme obstacle commercial non tarifaire, elles semblent
peu utiles comme moyen de prendre des précautions contre les invasions(34). Le recours à lalinéa 8h) de la Convention
sur la diversité biologique, par lapplication des lignes directrices
de lIUCN, pourrait mieux permettre de prévenir les invasions pour
des raisons strictement écologiques. Comme plusieurs accords internationaux
touchent au problème, les possibilités de contradiction sont élevées.
À lheure actuelle,
les lois du Canada, comme celles qui ont été adoptées un peu partout ailleurs
dans le monde, sont principalement destinées à empêcher les dommages aux
espèces agricoles. Aucune ne porte sur les répercussions des invasions
sur les systèmes naturels, mais on pourrait probablement utiliser plus
efficacement à cette fin la Loi sur la protection despèces animales
ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international
et interprovincial. La coordination est capitale, vu les multiples
lois et organismes gouvernementaux qui interviennent à tous les paliers.
En février 1999, reconnaissant limportance du problème des espèces
non indigènes envahissantes et le besoin de sy attaquer de façon
systématique, Bill Clinton, président des États-Unis, a signé le décret
13112 qui, entre autres choses, crée un conseil des espèces envahissantes
chargé de produire un plan de gestion afin de coordonner la lutte contre
ces espèces. Lébauche du plan semble avoir été bien reçue.
Avant tout, il faut que
le public soit informé si lon veut sattaquer au problème.
Si les gens continuent de transporter des organismes sans le savoir ou
de planter des espèces comme la Salicaire pourpre dans leurs jardins,
il sera presque impossible dempêcher la propagation des envahisseurs
nuisibles. En outre, nombre de projets de lutte en cours sappuient
sur le concours de bénévoles bien informés. Il faut aussi que le public
soit bien renseigné pour susciter la volonté politique qui mènera à ladoption
de mesures législatives rigoureuses et à des interventions décisives dès
que des espèces non indigènes envahissantes sont découvertes.
(1) David Pimentel
et al., « Environmental and Economic Costs of Nonindigenous
Species in the United States », BioScience, vol. 50,
janvier 2000.
(2) Dans la littérature, on utilise aussi les
qualificatifs exotique, étranger, allochtone et (en botanique) adventice.
(3) Erich Haber, « Invasive Exotic Plants
of Canada », Fact Sheet No. 1, National Botanical Services,
Ottawa, http://infoweb.magi.com./~ehaber/fact1.html.
(4) Service canadien de la faune, Plantes
envahissantes des habitats naturels du Canada,
http://www.cws-scf.ec.gc.ca/habitat/inv/index_f.html.
(5) Ibid.
(6) Associated Press, « Alaska Worried
About Threat Posed by Atlantic Salmon : Concerns include diseases,
competition for food », Times Colonist, 28 août 2000.
(7) Paul McKay, « Ultimate Invader
Threatens Salmon : Aquaculture Complex Suspected Source of Rainbow
Trout », Ottawa Citizen, 15 juin 2000.
(8) Ronald Bailey, « Preaching Ecological
Xenophobia : Ronald Bailey Asks : Are We Really Under Attack
by Non-Native Species? Should We Care? », National
Post, 3 août 2000.
(9) Hugh MacIsaac et Anthony Ricciardi, « Why
We Shouldnt Let the Bugs In », National Post, 9 août 2000;
voir aussi Paul Ehrlich et Anne Ehrlich, Betrayal of Science and
Reason, Island Press/Shearwater Books, Washington (D.C.), 1996.
(10) Voir Science, vol. 285, 17 septembre
1999.
(11) Pimentel et al. (2000).
(12) Richard Stone, « Keeping Paradise
Safe for the Natives », Science, vol. 285, 17 septembre 1999.
(13) MacIsaac et Ricciardi (2000).
(14) Pimentel et al. (2000).
(15) David Quammen, cité par Joel Achebach
dans « The Invaders : Local Plants and Trees are Buried Alive
as Foreign Species With No Natural Predators Mount a Full-Scale Assault »,
Montreal Gazette, 5 août 2000.
(16) Pimentel et al. (2000).
(17) IUCN (Union mondiale pour la nature),
Guidelines for the Prevention of Biodiversity Loss caused by Alien
Invasive Species, février 2000.
(18) Martin Enserink, « Biological Invaders
Sweep In », Science, vol. 285, 17 septembre 1999.
(19) Global Ballast Water Management Programme,
« UN Moves on Alien Invaders », communiqué, 10 juillet 2000.
(20) Ballast Water News, numéro 1,
avril-juin 2000.
(21) Proceedings of Maintaining Biological
Integrity of the Great Lakes : Preventing Harmful Invasions,
Commission mixte internationale, 25 septembre 1995.
(22) Phil Surguy, « Waiting for the Unwary :
Human Inadvertance Will Probably Bring to the Great Lakes a Weed That
Knows No Limits », National Post, 20 juin 2000.
(23) Chris Bright, Life Out of Bounds,
Bioinvasion in a Borderless World, W.W. Norton & Company, New York,
1998.
(24) Ibid.
(25) Debora MacKenzie, « A Kinder, Gentler
Killer », New Scientist, 1er juillet 2000.
(26) On trouvera une description plus détaillée
des lois provinciales sur les mauvaises herbes en ce quelles touchent
les espèces non indigènes envahissantes dans la publication Plantes
envahissantes des habitats naturels du Canada du Service canadien
de la faune.
(27) Jocelyn Kaiser, « Stemming the Tide
of Invading Species », Science, vol. 285, 17 septembre 1999.
(28) Jocelyn Kaiser, « California Algae
May be Feared European Species », Science, vol. 289, 14 juillet 1999.
(29) Communiqué de presse de lAgence
canadienne dinspection des aliments, 30 mai 2000.
(30) Elizabeth Finkel, « Australian Biocontrol
Beats Rabbits, But Not Rules », Science, vol. 285, 17 septembre 1999.
(31) Bright (1998).
(32) David Pimentel, « Biological Control
of Invading Species », Science, vol. 289, 11 août 2000.
(33) Centre de recherches de Lethbridge, Section
de phytotechnie, projet de lutte biologique,
http://res2.agr.ca/lethbridge/crops/bioproj.htm#declerck.
(34) Bright (1998).
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